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Archive for décembre 2007

GET THE RECORD!

Posted by tetetv sur décembre 30, 2007

07 09 06

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cale

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MON 13OR

Posted by tetetv sur décembre 20, 2007

mon 13or

cale

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JOYEUX NOEL!

Posted by tetetv sur décembre 20, 2007

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"PETIT BREVIAIRE DU GLANDEUR PAS TENTÉ"

Posted by tetetv sur décembre 18, 2007

I – QU’EST-CE QU’UN BRANLEUR ?

Cible idéale de sociétés de consommation à vocation ultra libérale, le branleur issu de tous horizons socio-économiques pourvus d’au moins un canapé, d’une télévision avec télécommande, d’un ordinateur et accessoirement d’un toit et d’un réfrigérateur, correspond à deux grands types comportementaux.

1°/ Ceux que mon père nomme « les fainéasses qui veulent rien foutre » et qui s’avèrent être en fait des mecs qui ne peuvent pas bosser parce qu’il n’y a pas de boulot ou alors pas intéressants du tout (et la horde politiquement paternaliste de me faire remarquer, avec condescendance, que quand on a faim, on fait n’importe quoi) Eh bien non ! Le branleur en général a de la dignité. Il ne veut pas qu’on continue à le prendre pour un con et ne veut plus bosser chez Mac machin ou Mac truc pour deux euros six sous, dans des conditions professionnelles et humaines frisant l’esclavage. Leur père l’a assez fait et leur grand-père avant aussi, voire même leur trisaïeul, selon la logique souvent implacable de l’hérédité.

On pourrait croire ce branleur désabusé, il ne l’est pas. Il vit avec son temps. Plus pragmatique que nihiliste. Depuis les années soixante dix, bien installé dans son sofa, il regarde la vitrine du monde et son cortège de richesses étalées à la télévision et comme ça paraît facile.  » Pourquoi je devrais aller me casser le cul lorsque plein de gens sur cette planète se la coulent douce ?  » se demande-t-il.

2°/ Et ceux que moi j’appelle les « branleurs sensibles ». Ceux-là sont les plus mal lotis car la « Sensibilité » fait de moins en moins partie des critères socioprofessionnels requis pour un emploi de superviseur dans une société de vente par téléphone, ou tout simplement des qualités essentielles du bon golden boy à l’américaine, selon le portrait qu’en fait Brett Easton Ellis dans « American psycho ».

Bien que s’interpénètrant parfois les uns les autres – en oubliant trop souvent de se protéger -il faut cependant encore distinguer deux tempéraments distincts chez les branleurs. Le passif et l’actif.

L’actif constant travaille parce qu’il est obligé mais n’aime pas vraiment ça. Il fait souvent des boulots non adaptés à sa personnalité profonde (qu’il n’a pas encore lui-même bien définie) et bien entendu ça s’en ressent. Faible qualité de services après-vente liée – il faut le reconnaître – à des micro-technologies conçues de plus en plus pour ne durer que le temps de la garantie ou informations téléphoniques administratives et autres à l’emporte-pièce (non fiables également).

Le second, actif ou actif intermittent est le seul branleur qu’on pourrait qualifier de « faux » branleur. Passionné par son travail il s’épanouit pleinement dans ce qu’il fait, et pourtant, il n’en demeure pas moins considéré comme le plus branleur des branleurs par la majorité « travaillante ». Sentiment lié en partie à son statut de plus en plus précaire (artiste, artisan…) donnant l’impression de glandouillage intense.

L’actif impulsif, lui, agit plutôt en flux tendu. Je ne sais pas ce que ça veut dire, l’ai chopé durant une conversation (pas bien capté non plus la définition du dico), mais l’expression me plaît. J’ai l’image d’un arc bandé à l’extrême tiré par un aveugle. Comme la flèche lancée par le mal-voyant, et ceci malgré les nombreux inspirs-expirs zen façon Kung fu de ce dernier, l’actif impulsif travaille par à coups selon les opportunités du moment. Il peut prendre du temps à réagir mais lorsqu’il le fait, c’est un peu « portenawak » comme il le soulignerait lui-même. C’est souvent un jeune sans emploi, parfois à cause de son statut de 2e génération d’immigré qui lui colle à la peau comme les nappes de pétrole lors d’un naufrage de navire en pleine mer. Cela dit, il est quand même résistant pour s’accrocher à la roche côtière en attendant qu’on vienne l’y retirer. Il attend bien amarré tout en sachant que, si on ne s’attaque pas réellement au problème avec un solvant efficace et des moyens humains, et ceci malgré les vagues qui viennent s’écraser, avec régularité contre la paroi rocheuse, le résidu pétrolifère résistera encore et encore, détruisant petit à petit la faune et la flore environnantes pendant encore des millénaires.

L’ayant plus côtoyé, je connais mieux le type passif, le pur branleur. Sa mère, un peu presbyte, a mal lu Dolto et l’a trop couvé ou l’a trop laissé faire ce qu’il voulait ou pire, il n’a pas eu de mère du tout et là, oulalalala. En ce qui concerne son père l’astigmate, malgré un « bébé à bord » collé aux fesses, il s’est laissé dépasser par les évènements, s’est vexé et on ne l’a plus jamais revu. Disparu entre l’A86 et Créteil soleil.

Ce branleur là est un vrai magicien. Brassant l’air de son canapé, il donne l’illusion de faire les choses et, le plus drôle, c’est que les choses se font. Mais comment fait-il dans un pays ou la majorité élective à décidé de « se lever tôt » et de « travailler plus » ? Oui, comment fait-il ce petit branleur ? Hé bien, comme tous les illusionnistes sur cette planète, le petit branleur a ses petits trucs à lui.

Née après-guerre comme la plupart des branleurs, j’ai moi-même longtemps pratiqué « la glande », terme générique et symptomatique d’une génération qui s’emmerde un peu. En tant qu’ancienne glandeuse donc, plus endocrine qu’écran, j’ai encore des réticences à courir les conférences sur « La responsabilité du marxisme léninisme sur l’abus de coca-cola et de hamburgers ou combien il est prouvé que l’interprétation humaine dans tous les domaines peut s’avérer diététiquement subversive» pour étayer mes propos. Aussi me contenterai-je de cette observation aiguisée au fil d’interminables heures à ne rien glander, appelée également expérience passive, discussions entre copines, bibliothèque de proximité mais surtout de nombreux rapports entretenus avec les principaux protagonistes (A noter la technique picturale propre à ces derniers hélas trop souvent réprimée par les pouvoirs publics).

Le branleur s’affirme surtout avec l’arrivée du mittérandisme, nouveau courant alternatif qui, espére-t-il secrètement, lui redonnera un peu de jus, le laissant à penser qu’un nouveau monde national est possible. Hélas ! Trois fois hélas ! Les quelques grandes avancées sociales ne purent cependant masquer la grande désillusion de la fin des années quatre-vingt, contribuant à tuer dans l’–uf les dernières velléités du branleur à lutter pour s’en sortir.

Contrairement à l’opinion établie, la drogue, les fringues, les scoots, les skeuds, ne sont qu’accessoires pour le glandeur type ; assurément utiles à son bien-être mais pas aussi nécessaires qu’on le croit. A l’inverse, un bon fauteuil, sofa, canapé, voire banquette-lit avec télécommande sont indispensables. Il doit, au mieux, pouvoir s’horizontaliser à tous moments ou « s’angleverticaliser », c’est-à-dire former un angle dans la verticale afin d’être dans la meilleure position possible face à ses écrans.

Une précision toutefois . Ne pas faire l’amalgame entre l’adolescent et le branleur. Si le branleur est une continuité de l’adolescent, et s’ils ont en commun cette sorte d’expression figurative proche de la cucurbitacée devant un écran, ce qui les différencie, c’est la durée. L’adolescence est une étape qui dure – normalement – environ dix ans. Le branleur, selon l’environnement familial, social et économique peut rester dans cet état toute une vie, dans la mesure où aucun changement d’ordre politique radical ne vient perturber ce dernier. Ce qui aurait pour effet, soit de le « booster » grave, soit de « l’apatir » encore plus.

Je penche fortement pour la seconde possibilité, car le branleur qui vote  » par dépit  » « par défaut » ou « par obligation » ou ne vote pas « parce qu’il n’en a rien à branler » est, à plus ou moins long terme, une valeur sûre pour les régimes paternalistes, fascistes, totalitaires, et j’en passe et des plus pernicieux.

II – CARACTERISTIQUES DU BRANLEUR

Ce qui caractérise le branleur c’est l’écran qui fait tampon entre le virtuel et la réalité engageante. Vivre c’est s’engager, et le branleur n’accepte pas l’idée de vivre pleinement. Vivre nécessite une certaine mobilité que le branleur exècre ou alors, le moins possible, et souvent lorsqu’il n’a pas les moyens de faire autrement. Bouger pour quoi, pour qui ?

Mon reup qui, sous prétexte d’être retraité, raisonne de son canapé devant la télé, pense qu’il faudrait une bonne guerre avec beaucoup de morts pour éradiquer le problème de la « glande généralisée ». Guerre qui, précise-t-il, contribuerait à faire chuter le phénomène d’environ 70 %. Et de conclure : « Si on vous avait attendu en 14/18 ou en 39/45, on parlerait allemand ».

La guerre serait donc une vraie cata pour le branleur ? Primo, le branleur se fout de la guerre comme de sa première chemise tout simplement parce qu’il ne sait pas ce que c’est, hormis celle qu’il voit de façon virtuelle à travers ses écrans, et à part chez Prosper Mérimée qu’on l’a obligé à lire en cinquième, les notions d’héroïsme et de code d’honneur lui sont totalement inconnues. Secondo, qu’il parle allemand, anglais ou français, il s’en branle. Il vit le moment présent. Point. Et enfin tertio, un conflit ne résoudrait rien d’un point de vue moral, idéologique démographique ou économique puisqu’il s’en branle à un point tu peux pas t’imaginer.

La guerre n’aurait de conséquence désastreuse pour lui qu’en terme d’énergie électrique non productrice, car en cas d’attaque aérienne, il lui faudrait au moins un groupe électrogène dans la cave pour qu’il puisse continuer à regarder la télé ou jouer tranquillement en musique sur son ordinateur. Car, pour le vrai glandeur, c’est bien connu, là où il n’y a pas d’gène, y’a pas d’électricité, et encore moins de ziquemu.

Les origines glandulaires

« Si glande il y a aujourd’hui, elle a forcément pris sa source quelque part, bien avant nous il y a très longtemps, m’emportai-je lors d’un repas où, au lieu de tourner sept fois ma langue dans ma bouche à seule faim d’apprécier la cuisine familiale traditionnelle, je mis une fois de plus les pieds dans le plat « .

« Soixante-huit , terreau de la glande généralisée du XXIe siècle ! (mon père)

– Soixante huit millions d’années avant les dinosaures ? Soixante huit mille ans avant J.C ?

Soixante huit ans après les rois fainéants ?

– Mille neuf cent soixante-huit ! Vous pensiez récolter quoi avec vos « power flower » ?!

Comprend ma fille qu’on ne construit pas une société avec des slogans pareils, mais avec de

vrais programmes !

– Informatiques ou télévisuels ? C’est vrai t’as sûrement raison mon daron. »

Le branleur et les écrans

Quoiqu’il affirme, le pur branleur passe 70 % de son temps devant des écrans de télévision ou d’ordinateur sans lesquels il n’aurait plus de raison d’exister. Certains intellos branleurs affirment ne regarder que les chaines thématiques où sont sélectionnées des émissions hautement culturelles. Mouais ! Je reste fortement circonspecte quant à ces propos maints fois entendus. Le branleur aime « zapper » parce que ça lui donne l’impression de faire le tour du monde et de la zoubia universelle en quatre vingt secondes à bord de son canapé, et quoiqu’il dise, il kiffe plus Jackass qu’Arte..

Quand il est seul, et bien qu’il continue à s’en défendre quand tu le surprends, prétextant qu’il était en train de zapper, il regarde des docus sur  » les Unités Spéciales de Tireurs d’Elite » ou autres bandes de « fellagas » républicains. On s’en étonne fort, surtout quand on sait que « dans le discours » il n’y a pas plus antimilitariste que lui. Voilà encore une des ambivalences du branleur. Et je le crois sincère quand il dit ne pas aimer la guerre. D’ailleurs la violence, ce n’est pas du tout son truc. Se battre, lutter, combattre ne prend son sens qu’a travers le virtuel. Dans virtuel, il y a « tue ». Le branleur adore tuer mais de façon irréelle. On pourrait le croire blasé et désabusé alors qu’en réalité c’est un sapiens sapé. Celui qui, comme chantait Gabin, sait qu’il sait qu’il ne sait rien. Que nous les hommes avons beau chercher, remuer dans tous les sens, inventer, évoluer, avancer, nous en sommes toujours réduits au même point et la guerre continue, et la misère aussi. Le branleur préfère rester dans cet état qui caractérise le poète, l’idéal, mais sans bouger et en s’imaginant dans un autre monde Il ne veut plus qu’on lui dise ce qu’il doit penser, et plutôt que de croire, en vain, à une vie meilleure pour l’humanité, le branleur préfère virtualiser son monde. Un monde qui ne toucherait en rien sa sensibilité enfouie sous des strates d’hérédité vainement agissante. Le branleur ne veut pas être personnellement blessé. Il voit ce que ça a fait sur son père, sur sa mère, ses oncles, ses tantes, sa fratrie, ses aïeuls, et sur la société en général. Le branleur est un grand sensible qui ne veut pas souffrir.

Alors il s’en branle. Il joue l’indifférent avec son jeu, se met en veille puis sommeille. On croirait presque qu’il se recroqueville sur lui-même. De temps en temps, il s’active, bouge ses doigts, lié à son cordon (de jeux électroniques) mais il ne veut, en aucun cas, participer à ce monde réel qui génère son lot de souffrance. Le branleur est un poète embryonnaire. La télévision l’endort et il le sait, mais c’est une somnolence artificielle et c’est pour cela qu’il se défend d’admettre qu’il mate les émissions de télé réalités en cachette.

Quand il les regarde, c’est pour mieux se foutre de la gueule du monde. Sa dissimulation, et son corollaire, le cynisme, c’est cette peur latente qu’il ne soit là, à leur place. Il sait que ça peut basculer d’un moment à un autre parce que le canapé et l’inactivité ont une fin, et il a conscience de sa propre futilité. Strip tease, « l’émission qui vous déshabille » est l’une de ses émissions cultes. Il ne peut pas toujours expliquer pourquoi la vieille qui vénère son chien au point de l’empailler pour l’avoir sous la main, l’attriste au fond, plus qu’il ne le fait rire. Le slogan « qui vous déshabille » sait qu’il s’adresse aussi à lui dans toute sa splendeur inactive. Un branleur de mes amis dit détester Star Ac, et pourtant il est tous les vendredis de prime time devant son poste de télévision à railler les jeunes qui y participent, se gaussant de la grosse qui ne passera jamais, raillant le noir des quotas inavoués, la blonde qui ne sait pas chanter mais qui se retrouvera quand même en finale parce qu’elle a une belle gueule.

Le branleur ne se leurre pas et s’il les regarde avec un tel sens critique, c’est qu’il se rend compte qu’il a en lui des caractéristiques identiques, voire cet esprit de compétition quelque part sous lui, entassés, sous ses cinquante/soixante /soixante dix/quatre vingt…cent vingt kilos de masse inerte entre les espaces des coussins du canapé. Est-ce à dire qu’il s’est résigné ? Non. Il faut à tout branleur, comme il faut à tout homme, un déclic. Comment viendra-t-il, par qui, par quoi ? Telle est la question. Peut-être ai-je un début de réponse.

Le branleur et la masturbation.

De la même famille éthymologique, le branleur n’hésite pas à avoir recours à la « branlette » quand il en a besoin. Accessoirement il met un film de cul, la culture porno ayant grandement contribué à inverser le conte de la belle au bois dormant. Aujourd’hui ce n’est plus le prince qui doit venir embrasser sa belle, c’est la belle qui doit aller chercher son prince, lequel, depuis qu’il est revenu aussi de l’illusion de l’amour à glandouiller avec ses potes ou dans son fauteuil, n’aspire plus qu’à une seule chose – et si possible sans capote – qu’on s’occupe de lui.

Le branleur et la néo-quadra

Et c’est là qu’intervient la néo-quadra. La néo quadra ou babquad (baba-quadra) est une femme entre trente-cinq et quarante cinq ans qui, pour de multiples raisons, avec ou sans enfant, se retrouve seule. Elle a eu pas mal d’aventures, toutes plus ou moins riches (plus souvent spirituelles). D’observations constantes de son milieu familial en doutes existentiels précoces, elle décide toute petite déjà et ceci plus rapidement que le branleur, de tailler la route et de mettre des kilomètres de distance entre elle et son environnement socio-éducatif. La néo-quadra fait dix ans de moins que son âge parce qu’elle a bénéficié des bienfaits d’après-guerre comme les cours de gym, la pilule, l’avortement, le new-age, la PNL, la thérapie par le théâtre, le massage, les livres, la danse, les arts-martiaux, les feuilles de chou, les voyages à pas cher, les cosmétiques, les concerts, groupes de musique, troupes de théatre, de danse, et expériences collectives de toutes sortes.

Parfois aussi grâce aux allocations d’état et aux petits boulots, elle a réussi à concilier son rôle de maman, d’artiste, de thérapeute, de secrétaire ou de pigiste , et, avec pas mal de galères, a poursuivi le but qu’elle s’était fixé. Quoiqu’il en soit, à quarante ans, avec plus ou moins de réussite, elle est « socio-professionnellement » un peu plus posée.

Ce sont souvent d’anciennes glandeuses devenues des battantes, pas au sens américain, non, plutôt des femmes qui refusent de baisser les bras. Des sortes de louves à la Pinkola Estès[1], capables de renifler toute forme de sensibilité avant la carne.

Les néo-quadra attirent les branleurs et réciproquement. La baba-quadra ou néo-quadra est en même temps cette femelle qui protège ses petits, et la femme indépendante et libre qui recherche le compagnon idéal. Il voit en elle la mère et la femme autonome, elle voit en lui le poète qui ne demande qu’à être sincèrement aimé. D’autant plus que le branleur, au moment de la rencontre fait preuve d’une hyperactivité inhabituelle et d’une générosité tout aussi surprenante de prince charmant. Il est, dans les situations de rencontre amoureuse, très généreux. Mais l’excès est toujours proportionnel au vide qui va suivre, puisque, à court terme, des problèmes vont surgir.

Le branleur et le travail

Si le branleur (le passif surtout) aime la néo-quadra, ce n’est pas seulement pour son abnégation et sa compassion mais, de façon plus pragmatique, parce qu’elle travaille. Et le branleur est souvent dans une situation précaire, qui ne saurait durer, selon ses dires mais qui, par expérience, dure. La raison en est simple. Il gare trop souvent son scooter dans une voie de garage dans le secret espoir de se le faire chourer, tout en affirmant, une fois que c’est fait, que la société est pourrie et à quoi bon se lever puisqu’il n’y a pas de boulot et encore moins de véhicule pour s’y rendre.

Dans le même genre, on trouve aussi cette autre figure de branleur qui se dit artiste ou anar, venant le plus souvent de milieux très favorisés, et qui, sans se l’avouer, attend le décès de papa et maman en s’occupant un peu. Toutefois, tous ont en commun une forme d’intelligence faite d’adaptabilité de survie et de choix des bonnes personnes pour l’assurer.

L’une de mes copines styliste s’étant entichée d’un branleur trentenaire, demandeur d’emploi maîtrisé en Sciences Humaines totalement addicted aux séries américaines, se voyait chaque soir après son boulot invitée à le rejoindre sur le canapé où ce dernier lui décortiquait le comportement psycho-social des personnages de Desperate housewives ou de Bob l’éponge. « Si tu pouvais au moins une fois la passer l’éponge au lieu de regarder Bob à rien foutre sur ton canapé », lui-a-t-elle fait remarquer un soir, excédée par son verbiage à l’horizontale et son inactivité chronique pour tout ce qui concernait l’entretien de la maison. « Tu es vraiment psycho rigide, lui a-t-il répondu ».

A partir de là, le déclic s’est fait tout seul. Et tout en lui précisant qu’il n’y avait pas que l’esprit qui était rigide, elle lui a balancé un coup de pied au cul assez haut pour toucher les côtes d’Adam . Car, c’est ce, qu’inconsciemment, le branleur attend. C’est peut-être même une des voies possibles de son éveil et de sa prise de conscience. Etre « ébranlé ».

Le branleur attend d’être, au sens propre, « ébranlé » et s’il y a bien quelqu’un qui peut le faire, ce ne sont pas des politicards répressifs de droite ou de gauche, c’est la femme battante. Elle est assez maternante pour avoir perçu sa sensibilité et assez forte pour le pousser dans ses derniers retranchements qui dépassent rarement la banquette moelleuse du salon. L’attitude de mon amie est peut-être un peu excessive, mais de bonnes engueulades avec mises en demeure de se bouger les fesses, sous peine d’extradition du confort moderne, peuvent s’avérer payantes. Le tout est de ne pas lâcher prise – par faiblesse.

Le branleur et le sexe

C’est un domaine dans lequel le branleur, il faut l’avouer avec une pointe de rouge aux joues, assure, excepté lorsqu’il n’a plus rien à prouver (relation de longue date ou ennui chronique). Elevé au porno pour les plus jeunes et au « faites l’amour pas la guerre » pour les soixante-huitards attardés, le branleur n’a pas beaucoup d’inhibition en ce qui concerne le cul. Si l’une de ses expressions favorites reste « J’m’en bats les couilles », on voit mal comment cet être qui cache souvent sa sensibilité derrière le masque de l’indifférence ou de l’agressivité, pourrait s’entrechoquer les roupettes sans se faire mal.

Il n’est pas maso et encore moins déviant. Il aime sodomiser et qu’on lui fasse une pipe monstrueuse, mais ne lui demandez pas d’enculer un chien ou de déféquer sur un mort, il vous rira au nez comme si vous étiez une arriérée mentale. Il peut, à la rigueur, vous sodomiser sauvagement en malaxant dans tous les sens vos gros nibards mais, en règle générale, il faut que ce soit cool. Le branleur aime prendre son pied pépère.

En ce qui concerne le cunnilingus toutefois, il a beau avoir un large vocabulaire imagé concernant cette pratique, de la tarte au poil au broute minou, il n’aime pas fourrer son nez dans les affaires des autres, sauf quand il vous aime bien.

Le branleur et les poils

Le branleur déteste les poils. Il se demande même comment ça peut encore exister au troisième millénaire les poils. La première fois qu’il en a vu sur une néo-quadra suractive qui n’avait pas eu le temps de se raser, il les a observé comme on regarde Lucy l’australopithèque au musée de la soixante-huitarde période psyché ; avec une moue mêlée de dégoût et de doute, genre « Sommes-nous vraiment issus de ça ? » A tel point que la néo-quadra sous influence, à cause de quelques poils aux jambes et au pubis alors qu’il la sollicitait pour faire l’amour, prétexta de nombreuses fois un mal de crâne.

Le branleur et la psychologie virtuelle

Le branleur passe la plupart de son temps devant des écrans parce qu’il kiffe le virtuel qui ne l’engage à rien. La guerre est finie depuis longtemps et si guerre il y a, le branleur s’en fout un peu même si ça le fait chier parce qu’il sent bien que quelque chose, chez lui, n’est pas du tout artificiel. Il a beau se figurer, se défigurer, se tatouer, se percer, s’alcooliser, se cocaïner, s’enfumer, se virtualiser, le branleur sent son coeur qui bat et ça ça le rend fou. Il a beau essayer de le mettre sur PAUSE, ce naardinemouk de muscle continue à battre.

Alors le branleur va encore et encore chercher des écrans pour apaiser son rythme cardiaque, augmenter l’adrénaline et les sensations fortes à travers les jeux électroniques, mais surtout pas oh non ça fait trop mal, se laisser aller à ressentir pleinement ses émotions. Le branleur les adore ces jeux lui qui PAUSE puis SAUVEGARDE parcequ’ il a horreur de recommencer la même séquence plus de trois fois. Si c’est le cas, c’est qu’il est vraiment nul. Mais en règle générale, quand il n’a pas réussi à canarder, seul, toute l’armée de zombies en face de lui dès le deuxième coup, il commence à fulminer, remet sur PAUSE et s’en va fouiller dans le réfrigérateur en laissant la musique de fond à donf et en boucle.

Le psy du branleur s’appelle SIMS ou SECOND LIFE. Quand ça ne va pas, SIMS ou 2nd LIFE claque son blé en technologies jouissives qui vont de la télé 16/9e à la dernière chaine HIFI ou alors il organise des fêtes chez lui. Et quand il est vraiment à bout, il invite ses potes pour qu’ils lui remontent le moral avec alcools, bouffe, jeux vidéos, pornos ou bonnes meufs.

A l’instar des tamagoshis, ces jeux japonais où de jeunes futurs branleurs (selon la logique implacable du schéma de répétition) élèvent des chiens de la naissance jusqu’à leur mort programmée, je redoute le jour où il choisira de prendre femme parmi une multitude virtuellement créée, afin de lui faire un enfant, ceci dans maintes positions toutes plus farfelues les unes que les autres. Il lui aura, par erreur, planté une graine au mauvais endroit, parce qu’il ne saura plus à quel trou se vouer (à moins que l’ordi bug tant que la bonne cavité n’est pas trouvée) et d’élever un enfant tamagoshien, jour après jour une demi-heure tous les jours.

Heureusement nous n’assisterons pas à cette monstruosité, et ceci pour la simple raison que, selon les spécialistes de la reproduction, l’abus d’ordinateur provoque, à terme, l’infertilité masculine. Au risque qu’il le prenne mal et « s’en batte les couilles » à nouveau, je tiens quand même à lui tirer, gentiment, la sonnette d’alarme.

Le branleur et les enfants

Le branleur adore les enfants…des autres. Quand, par hasard ou par erreur, il a lui-même des enfants, il n’a de cesse de les voir grandir pour glander avec eux devant la télé ou l’ordi. Ceci-dit, mes amies et moi avons assisté à des transformations rares de branleurs en hommes, au moment de la paternité.

Grandir est sa hantise. Grandir suppose de devenir un homme responsable et le branleur qui est loin d’être con le sait bien. Devenir un homme c’est rentrer de pleins pieds dans la réalité. C’est pour cela que le branleur préfère rester le plus longtemps possible à glandouiller devant un écran. Cela dit on peut-être vieux, retraité, et branleur, l’age ne garantissant pas la sagesse.

Néo-quadra attention ! Il y a de plus en plus de branleurs attardés. J’en ai moi-même rencontré quelques uns dont un quadra. Quand il m’a accostée dans cette soirée moi qui ne suis pas une bombe latine ni platine, je me suis dit waouaw en vérifiant bien, comme dans n’importe quelle série américaine éculée, qu’il n’y avait personne derrière moi. Il y a des signes qui ne trompent pas. Mignon, sans enfants, plus de trente trois ans, il y a forcément un hic.

Le branleur et l’homosexualité

Il y a évidemment des branleurs homos. Il faut déterminer s’ils sont de type passif passif, actif passif etc etc et là c’est un peu plus complexe. Je m’attacherai à ce que je connais le mieux. Si le branleur hétéro n’est pas homophobe, il n’aime toutefois pas qu’on le traite de pédé. Il a toujours un pote homo ou le pote d’un pote homo qui est mort du DAS et on ne rigole pas avec ça. Le branleur qui adore pourtant jouer n’aime pas trop jouer avec sa propre vie. S’il peut reconnaître qu’un autre mec est beau, le branleur n’aime toujours pas qu’on le traite de pédé, parce qu’il préfère, même s’il ne drague pas, voir deux bonnes meufs avec de grosses loches et des gros culs dans des poses lascives qui, éventuellement, en plus, pourraient lui proposer de participer, que deux mecs qui s’embrassent.

La glandeuse

En ce qui concerne les filles, le terme « branleuse » ne s’applique pas de la même façon. Le seul moment où une fille peut-être qualifiée véritablement de  » branleuse « , c’est entre 12 et 16 ans lors de la période dite « ère de la grande parade amoureuse ». Là , préados et adolescentes se révèlent d’une opiniâtreté et d’une patience sans limite. Minaudant, pavoisant, ricanant, rougissant, aguichant en binôme ou en bande, elles peuvent mater un mec qui leur plaît pendant des heures et des heures. Jeans bas de taille sur nombrils percés, nichons en avant prêts à pourfendre d’un 90 B le premier regard sexué qui aura l’outrecuidance de se poser là.

Parce qu’elles en ont des seins, ces donzelles et même si elles les assument difficilement tout en les exhibant (c’est de leur age), elles nous énervent, nous femmes d’avant 1980 dotées de volumateurs / raffermisseurs pour buste du catalogue « la redoute » qui, après avoir surpris plusieurs fois le regard de nos branleurs sur leurs obus, luttons désespérément pour ne pas remplir les salles d’attente des chirurgiens esthétiques.

Bien entendu il existe encore de vieilles glandeuses mais c’est de plus en plus rare. Depuis une cinquantaine d’années, les femmes découvrent ou recouvrent (c’est selon) la liberté et elles s’en servent.

Le branleur et ses potes

De la famille des potivores, le branleur évolue le plus souvent avec ses copains sans lesquels il ne peut faire les quatre cent coups (tout au plus deux à tout casser), monter un groupe, aller au foot, fumer un joint, refaire le monde, parler des meufs qu’il s’est fait même s’il est resté à ne rien glander dans son canapé à se taper des porno stars, seules gonzesses accessibles en pareil cas. Etre profondément sociable, le branleur aime avoir de la compagnie. Le dimanche, par exemple, est le jour où il est le plus apte à la socialisation. Rien à la télé, son ordinateur est kéblo, sa mère ou sa femme crie dans ses oreilles, son père est au bistro, sa petite soeur est avec ses copines qui le matent en douce, ces branleuses. Il y en a bien une qui lui plaît mais elle est en cinquième et lui rempile sa quatrième année de DEUG en communication. Du coup, il va au cinéma avec ses potes. Bien qu’il préfère l’intimité de son canapé, le bon fauteuil moelleux des salles obscures ne lui déplait pas. Et puis il y a ce grand écran, le plus grand, le plus beau de tous, celui qui fait rêver. Et le branleur, justement, adore rêver. Rêver fait du bien et n’engage à rien.

Le branleur et le sport

Si engagement il y a de la part d’un branleur passionné, c’est avant tout au foot. Et pourvu, pense-t-il en se mangeant les ongles, qu’il y ait Zizou pour la prochaine coupe du monde, c’est l’une de ses grandes préoccupations existentielles du moment.

Les plus favorisés pratiquent le tennis, les essayistes le rugby, mais la majorité préfère le foot. Le sport le plus simple et le plus accessible qui soit. Une surface, un objet rond, quelques potes et c’est parti. Le must reste cependant de pouvoir le regarder de son canapé-lit, bières dans une main et chips de l’autre. Là, le branleur kiffe le sport grave. Il peut enfin éructer, parfois même sortir de ses gonds en se dépliant comme l’un des ressorts de son vieux canapé. « Puuuutaaaain ! L’enculé, il a pas sifflé le péno !  » Et il n’aura de cesse que « l’enculé » siffle le péno car si « il » ne le fait pas, le branleur restera en tension, bandant tous ses muscles jusqu’à ce qu’ « il » le siffle cet « … », surtout lorsque son équipe est en train de perdre.

Car il faut savoir que dans l’équipe de foot qu’affectionne le branleur, outre les joueurs remplaçants, il a la place du sélectionné virtuel ou « ghost buteur ». Vous n’entendrez jamais un branleur passionné déclarer « l’équipe que je préfère a gagné, mais « on a gagné » signifiant par là que son soutien, même par écran interposé, s’est révélé primordial. Et il l’est de fait. Pour preuve, le succès planétaire de ce sport et les salaires faramineux de ses joueurs.

Le « on a perdu » – également exprimé – est nettement moins glorieux , non pas à cause de l’échec mais parce qu’il va, jusqu’au prochain match, générer une mégaglandouille au moins équivalente au nombre de buts encaissés. Et alors si « on » a perdu au tir au but, n’en parlons pas ! Heureusement pour nous, compagnes de sportifs de haut niveau, il y a les soldes !

Le branleur et les fringues

Le branleur est fringué mode. Même lorsqu’une partie muette de la population croit qu’il a chié dans son baggy parce qu’on lui voit parfois son CK ou qu’il a pris une des chaussettes de sa s–ur, une anorexique de 40 kilos, pour en faire un slim, le branleur ne s’habille pas n’importe comment. Même s’il paraît négligé et j’m’en foutiste, il a toujours de la marque quelque part. Tant qu’à glander, glandons fashion ! Quant à ses chaussures, s’il les kiffe autant c’est qu’elles lui rappellent son canapé. Toutes ces nouvelles baskets « aérodynamiques » montées sur ressort comme des châssis arrière de sofa customisé ! Rien que de les porter, me disait l’un de mes branleurs amants, ça m’fatigue d’avance. Qu’Adidas et Dunlopillo s’unissent pour créér « the grosse pomp », la chaussure tout repos, et « Marchez en dormant ! », le slogan qui l’accompagne, parce que, encore une fois, ici la guerre est finie depuis longtemps et c’est moi qui, tous les jours, promène le chien qu’il a voulu à tout prix.

Le branleur et la défonce

Derrière chaque branleur se cache un excessif. Cigarettes, joints, adrénaline du jeu, ecsta, coke, bouffe, alcools, fringues, pépées et pompes de marque customisées… Ca fait passer plus vite le temps qui passe de toute façon. En attendant, il profite de l’ocase, se fait un ptit pète qui dure des heures, consomme ou deale en direct live du canapé. Ben oui quoi comme la majorité des gens sur cette terre, les branleurs aiment l’argent. Et mon paternel… : « Ah ! Ah ! Tu vois quand il s’agit de gagner de l’argent facile ! » Ce à quoi j’oppose que si reprendre c’est voler et dealer c’est pas bien, constater n’est pas cautionner. Ce qui veut dire que ce n’est sûrement pas le branleur avec son attaché case qui va rencontrer le boss du cartel de Medellin, le richissime cultivateur afghan ou la valise diplomatique internationale qui a ses entrées partout dans le monde, sans être inquiétée. C’est juste une petite économie souterraine parallèle qui soit dit en passant alimente quand même pas mal le P.I.B[2] national. Mala vida mi coraçon ! Chantait feu la regrettée Mano Negra.

Le branleur et l’argent

Comme je l’ai déjà dit, il y a quelque chose de magique (certains penseront « obscur ») chez le branleur et l’argent. Le branleur ne sait pas économiser, vit au jour le jour et l’argent lui brûle les mains. A l’ entendre, il n’a jamais d’argent et pourtant tu le vois partis en voyage (avec sac à dos mais quand même) habillé mode ( beaucoup de copies), en possession des derniers jeux électroniques bref, en parfait consommateur passif d’une société active, où, normalement, le pouvoir d’achat à quelque chose à voir avec l’activité professionnelle et l’épargne.

Disons qu’il y a un peu de tout. Prêt, maman, meuf, petits boulots, bouts de ficelle, selle de chval, chval de courses, course à pieds, pied à terre, échange, potes, tombés du camion enfin tout un méli-mélo de système D qui fait que le branleur s’en sort à peu près. Je l’ai déjà dit, il sait d’instinct avec qui s’acoquiner, avec ce petit côté prestidigitateur qui nous épatera toujours.

En bref, il n’a jamais d’argent et pourtant il en a. Quand la période devient trop critique, le branleur va voir sa copine la fourmi qui lui demande : « Hé l’ami ! qu’as-tu fait tout l’été pendant que je bossais ? Eh ben j’ai un peu fait ci, un peu fait ça, un peu magouillé, monté un site de cul et au final j’ai touché les asséd ! Eh bien continue parce que tu vois là ! Où ? Là sur mon front ! Oui ? Ben y’a pas marqué la poste.

Le branleur et la religion

– C’est quoi pour toi la spiritualité ?

– Le ketru vert biodynamique que t’as acheté chez Nature et forêt ?!

– Pas la spiruline couillon, la spiritualité.

– Ah ouais, faire tourner les tables ! Bof, c’est mort ça !

– Je te parle de religion.

– Ah ouais, Dieu et tout ça. Est-ce que j’y crois ? Ouais sans plus quoi ! Du moment qui m’prend pas la tête.

– Et l’âme ?

– Ah ouais Lââm ouais, elle est bonne je me la ferais bien !

Le branleur et le rire

Le branleur aime rire et c’est là une de ses principales qualités et non des moindres. Il vient d’une génération qui ne pleure pas ou peu parce qu’il a dû expérimenter cette sensation stérile (ainsi l’a t’il perçue car elle n’a pas été suivie d’effet sécurisant) il y a tellement longtemps déjà, quand il était petit, et qu’il n’en connaît plus trop le mécanisme. Je le réaffirme, le branleur ne cultive pas la haine, ça lui demande trop d’énergie mais il peut, dans certains cas, devenir incontrôlable comme un pittbull quand il sent que personne ne lui tend la main afin qu’il s’extirpe de son panier-canapé.

C’est alors toute l’énergie infertile de ce cadre poussiéreux et défoncé qui s’exprime. C’est aussi pour ça, que nous, ex glandeuses, nous les aimons. Pour ce nihilisme faussement détaché que nous percevons derrière les coups de gueule sporadiques et les actes parfois irréfléchis. Croyez-moi, quoiqu’on en dise, quoiqu’on sache, quoiqu’on subisse, ce masque là a, paradoxalement, quelque chose de « survivant » dans ce monde difficile

Le branleur et la musique

Violent, drôle et pour reprendre une expression à la mode plutôt « bling bling », le rap est d’après moi le mouvement qui définit le mieux la génération « glandeur ». Si le branleur écoute toutes sortes de musiques, c’est dans le rap, ce cri du c–ur, qu’il prend toute sa dimension. Que ce cri soit ou devienne rugissement, miaulement, pépiement ou gazouillis, c’est déjà un engagement et tout engagement est acte. C’est à travers cette musique qu’on perçoit toute sa sensibilité. Il aimerait changer le monde mais il ne peut pas. Empêtré dans ses cordons, hypnotisé par ses écrans, il ne peut couper le lien qui le lie à ses tuteurs universels. Ne seraient-ce pas eux d’ailleurs, ces grandes vitrines, qui dans leur force de persuasion lui confère ce côté magicien ? Donner l’illusion de faire et les choses se font. Mais se font-elles réellement ? N’avons-nous pas l’impression que le monde change et nous avec, que le canapé/sofa se réduit peu à peu jusqu’à devenir ce petit point lumineux des anciens postes de télévision à l’extinction des feux, lorsque nous sommes nous mêmes déjà presque virtualisés ?

Conclusion

Peut-être, à son époque, aurais-je fait partie de ces « écrivaillons » décriés par Voltaire dans Candide. Peut-être. Toujours est il que j’aime lire et relire cette épopée d’une vie terriblement trépidante se terminant par un « …il faut cultiver notre jardin » plus que d’actualité à l’heure où l’écologie planétaire, priorité absolue, est l’enjeu de petites guéguerres politiques niveau bac à sable mais « Cultivons aussi notre humour » ai-je envie de dire. « Cultivons notre humour », incarnation de notre humanité contemporaine. S’il n’est pas cynisme désabusé, l’humour est une force, critique.

Ordinateur, télévision et bientôt portables sont des médias utiles pouvant devenir de véritables moyens de communication dès lors qu’on sait en « user » avec bon sens. Ce n’est pas la modernité qui est à craindre, c’est notre allégeance doucereuse et confortable à une société de consommation à l’excès qui réduit notre mobilité, amoindrit notre sens critique et affaiblit notre créativité.

Et si nous devons voyager à l’instar d’un Candide moderne et plus humanisé, faisons le vraiment, connectons-nous et pas seulement pour le cul et le plaisir. C’est dans le partage, la connaissance et la maîtrise de ces outils d’abord de façon virtuelle puis concrète qu’un lien peut se créer, qu’une humanité plus juste peut apparaître et peut-être alors pourrons-nous aussi nous ouvrir à ce dont nous tous sympathiques branleurs et autres glandeuses rêvons depuis toujours, à l’amour.

Flojallier

cale

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HIP HOP!

Posted by tetetv sur décembre 17, 2007

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JEFF LANG EN TOURNÉE!!!!

Posted by tetetv sur décembre 6, 2007

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